Atelier NUMCAP 5 (S2 2025-2026) La trame bleue : aménagements et (ré-)appropriations des berges de cours d’eau franciliens

Publics : 3 à 4 étudiant·es de M1 ou M2

Stages de 4 mois rémunérés par le Graduate Program et effectué en laboratoire (ACP)

Coordination : Antoine Marsac (UGE) et José-Frédéric Deroubaix (ENPC)

Argumentaire

Face à l'augmentation de la vulnérabilité des écosystèmes aquatiques et rivulaires, les élus des territoires urbains cherchent des solutions pour mieux les réintégrer dans la ville sans en altérer les équilibres. Ils s’engagent dans des projets de restauration de cours d’eau en veillant à « renaturer » les berges et prendre en compte la fragilité des écosystèmes (qualité de l’eau, ripisylve…). Des aménagements sont réalisés pour leur redonner un aspect « naturel », particulièrement en milieu urbain. Cette démarche entre dans le cadre du rétablissement des continuités verticales et horizontales. Mais quelle en a été la matérialité ? Comment se produit-elle ? Quels sont les usages de la trame bleue ? Aménager des berges cristallise des enjeux à la fois sociaux et spatiaux du fait de la pollution et de la pression foncière.

Les cours d’eau peuvent changer de morphologie à mesure que les berges changent de structure. Les aménagements de parcs en bords de cours d’eau peuvent, par exemple, constituer une alternative à un recalibrage du lit de la rivière avec palplanches. Du fait des risques d’inondations, beaucoup de berges sont classées comme des terrains inconstructibles. Il y a donc une attention particulière à porter sur la trame bleue, au-delà des écoulements avec parfois des remblais et des zones laissées en friches. L’évolution des lieux passe par une modification de la perception de ces espaces par les usagers dans leurs composantes pratiques et esthétiques. Les cours d’eau maillent le territoire d’Île-de-France où ils côtoient les grands équipements et des ensembles urbains denses. Ce travail sur le paysage prend en compte la transformation des espaces verts ouverts en espaces verts fermés (accès aux parcs…). D’autres territoires sont enclins à aménager des sites urbains intégrés dans de vastes opérations d’urbanisme (quais de Seine à Paris et à Rouen, requalification des fronts fluviaux à Bordeaux ou à Nantes…). Longtemps cantonnées dans leurs dimensions utilitaires et fonctionnelles, les berges doivent être prises comme des cas d’étude pour comprendre le potentiel de ces lieux dans la cité. Les aménagements de berges peuvent s’apparenter à des tiers lieu, envisagés par les habitants comme un « sas » entre la ville et le quartier. Les stagiaires seront donc sensibilisés à ce contexte régional particulier.

Contenu de l’atelier de recherche

L’atelier de recherche vise à comprendre les usages des berges en prenant pour focale leur appropriation par les usagers (habitants, touristes…). Comment l’espace rivulaire se transforme-t-il ? Il s’agit de réinscrire ces aménagements dans des modèles d’espace public plus large (lieux de loisirs) et de relier les questions architecturales aux questions foncières. Les enquêtes menées par les étudiants seront encadrées et les données collectées seront mises en commun afin de réaliser plusieurs séances de restitution. Les étudiants seront amenés à exposer leurs résultats provisoires dans un format « séminaire ». Ces derniers feront un travail d’archives sur les plans locaux d’urbanisme et mèneront des entretiens semi-directifs. L’analyse des sources et des matériaux fera l’objet d’une partie importante.

Ces recherches entrent en résonnance avec celles menées par le groupe patrimoine car la proximité des cours d’eau a façonné l’imaginaire des habitants et a influencé leur(s) manière(s) d’arpenter les rives. Plusieurs thèmes seront développés (verdissement urbain, renaturation, appropriations par les habitants…). Si le parc a tendance à devenir la norme, la nécessité de rétablir des circulations se pose avec acuité. Une qualification de chaque usage sera réinscrite dans une typologie plus vaste (espaces verts, sites récréatifs). L’objectif de l’atelier sera de rendre compte des potentialités de la trame bleue à travers les aménités. Les stagiaires effectueront un recensement des types d’usages.

Afin de retracer les étapes qui ont conduit à l’émergence des aménagements, une approche socio-historique prenant pour thème la ville et l’eau (histoire du projet, archives des collectivités territoriales). Cette approche par la sociologie historique avec des retours sur les plans sera privilégiée. Questionner des modes d’accès différents permettra de réaliser une histoire spatiale tout en restant attentif aux transformations sociales. Il s’agira de comprendre comment les rives s’ouvrent ou parfois se ferment progressivement, en fonction des arbitrages des collectivités territoriales.

Une approche plus synchronique privilégiera la transformation des espaces urbains en espaces verts. Il s’agira d’étudier les stratégies politiques qui renforcent les jeux d’acteurs, faisant des territoires qui se recomposent sous l’effet de dynamiques liées aux modes de vie, aux pouvoirs publics et à l’émergence de cultures ludiques (sport, jeux).

Enfin, les étudiants seront amenés à se questionner sur les façons dont les cours d’eau sont (ré-)utilisés dans ces territoires par les usagers les fréquentant. Les étudiantes devront travailler autour de différentes méthodologies : analyse des réseaux, des entretiens avec les acteurs publics ainsi que des gestionnaires auprès des usagers. Plusieurs visites de terrain privilégiés seront : Bords d’Yerres à Villeneuve-Saint-Georges. Ce terrain a la caractéristique d’être à la confluence de la Seine à proximité d’infrastructures routières (Nationale 6) et ferroviaires (lignes de train, RER, gare de Villeneuve-Saint-Georges, triage).  Les stagiaires visiteront aussi les aménagements de Vaires-Torcy.

Calendrier prévisionnel du projet

- Phase "histoire orale" : entretiens avec des acteurs historiques de la planification francilienne et de sa composante "loisirs"

- Phase "archive", dans les fonds à identifier (mais sûrement Institut Paris Région, fonds du ministère de l'Equipement...)

- Phase "acteurs franciliens", au présent (CDT et CRT, IPR...)

- Phase "regards sur le cours d’eau" en lien avec le contexte de crise sociale et environnementale (via entretiens avec chercheurs.euses, universitaires, penseurs.euses...)

- Phases "terrains" sur des monographies et des trajectoires de lieux, collecte sur des terrains

- Phase "inventaire" : cartographie des lieux passés et présents du tourisme et des loisirs en IdF

- Travail en atelier avec des étudiant.e.s (EUP, Ensa PB...)

Candidatures

Le recrutement s'effectue en 4 temps :

1 - campagnes d'information des étudiants, par le biais de 4 réunions présentielles et distancielles entre octobre et noël, sur l'heure du déjeuner, à partir de la mise en circulation d'un flyer.

2 - Réception des candidatures individuelles, sur la base d'un dossier intégrant CV et lettre de motivation

3 - Evaluation en double aveugle des candidatures et entretien en présentiel pour vérifier capabilité et motivation de l'étudiant, ainsi que l'articulation entre son projet de mémoire de recherche et le contenu de l'atelier

4 - organisation des co-encadrements  : tous les stagiaires sont co-encadrés par deux chercheurs ou enseignants chercheurs de l'équipe.

L'évaluation se fait sur dépôt d'un CV et d'une lettre de motivation qui précise les expériences et le projet professionnel du/de la candidat·e.

Réunion d'information

Une réunion d'information a lieu le vendredi 19 décembre 2025, de 15h à 16h, en visio :

https://univ-eiffel.zoom.us/j/85851151328

Mot de passe : sYzv7n2S

Pour toute question pratique, vous pouvez vous adresser à paul.lesieur@univ-eiffel.fr.

Pour toute question scientifique ou pédagogique, vous pouvez contacter les responsables de l'atelier, Antoine Marsac et José-Frédéric Deroubaix.